jeudi 26 janvier 2012

Introduction


Je n’avais rien de prévu pour l’hiver à venir, l’insouciance de ma jeunesse et un compte en banque à remplir. J’en avais souvent entendu parler, avec fougue, envie ou nostalgie, comme d’un sésame pour la liberté, l’indépendance et même, « la classe ». Entrer dans la grande famille des saisonniers, c’était aller à l’encontre de ce que voulaient m’imposer les normes sociales. C’était dire un grand « oui » à l’indépendance, la fête et… la précarité.
Désœuvrée suite à l’aboutissement d’une mission constructive et passionnante d’un an en Alsace, j’ai décidé de postuler dans la Haute’ comme on entre en crise d’adolescence : entre désinvolture, recherche de limites et profonde naïveté.
Il m’a fallu faire preuve d’une véritable volonté, d’une motivation à toute épreuve et d’un grand sens de la persuasion pour obtenir le poste extrêmement courtisé de potiche en office de tourisme. J’accueille le visiteur avec mon plus beau sourire et parfois, répond à ses questions. La plupart du temps, je l’oriente vers quelqu’un qui sait mieux que moi. Je suis une sorte de panneau indicateur, en plus avenant, pour classe sociale aisée. Je m’ennuie à mourir mais l’avantage de ce poste est qu’il me positionne en première ligne pour observer les travers les plus drôles, ridicules et écœurants des gens de la Haute Société.

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